19 février 2026Aucun commentaire

Féminicide : comprendre un mot pour comprendre une réalité

Le terme « féminicide » est un mot qui gagne en reconnaissance et en visibilité. Nous l’entendons et le lisons de plus en plus souvent : prenons donc le temps d’en explorer ensemble la signification et les enjeux.  

Aux origines du mot 

Dans les années 1970, avant l’apparition du terme féminicide, est né le concept de fémicide. Ce mot, créé par des féministes et des sociologues à Bruxelles dans le cadre du Tribunal international des crimes contre les femmes, désigne le meurtre d’une femme en raison de son genre. Il s’agit donc d’un acte motivé par l’appartenance de la victime au genre féminin, et il intègre une dimension individuelle. 

De « fémicide » à « féminicide »

Dans les années 1990, la sociologue mexicaine Marcela Lagarde y de los Ríos forge le terme « féminicide », qui propose une conceptualisation distincte du fémicide en intégrant une dimension collective.  

Ce concept prend forme dans le contexte tragique de Ciudad Juárez, au nord du Mexique, à la frontière avec les États-Unis. Pendant cette décennie, la ville se transforme en un vaste pôle de fabriques employant une main-d’œuvre féminine peu coûteuse et peu qualifiée, ce qui engendre un capitalisme industriel exacerbé. Ce modèle économique accentue les inégalités sociales et la vulnérabilité des femmes.  

Dans cette même période, à Ciudad Juárez et dans ses alentours, des centaines de jeunes femmes disparaissent. Leurs corps sont retrouvés dans des fosses communes ou dans le désert, portant des traces de violences sexuelles, de mutilations et de tortures. Malgré l’ampleur des crimes, l’impunité règne.  

Ces faits révèlent trois parmi les nombreuses dimensions du féminicide : le crime de masse, le crime de haine et le crime d’État.  

Et cette réalité ne concerne pas seulement d’autres pays. 

Depuis le 1er janvier 2025, la Suisse a déjà recensé 28 féminicides, contre 19 pour toute l’année 2024
Cette augmentation dramatique rappelle que nous faisons face à un phénomène systémique qui nous touche directement

Photo de Marcela Lagarde y de los Ríos.

[Photographie]. (s.d.). Ajuntamiento Barberà del Vallès. https://www.bdv.cat/es/noticies/marcela-lagarde-y-de-los-rios-llena-la-biblioteca-esteve-paluzie

Le féminicide comme crime de masse 

Le féminicide ne se limite pas à des actes isolés : il s’agit d’un phénomène collectif qui touche les femmes et les filles, qu’elles soient cisgenres ou transgenres. Les victimes ne sont pas ciblées pour des motifs personnels, mais en raison de leur identité de genre. La répétition et la systématicité de ces violences montrent qu’elles s’exercent contre les femmes en tant que groupe social, révélant l’ampleur structurelle et systémique de ce crime de masse. 

Le féminicide comme crime de haine 

Ces crimes traduisent une haine profonde du féminin. Les violences, les tortures et les mutilations infligées aux victimes témoignent d’un acharnement qui dépasse l’acte de tuer. Comme l’explique l’anthropologue Rita Segato, le corps des femmes devient un champ de messages, un instrument de domination symbolique.  

Ce phénomène s’inscrit dans ce que Christelle Taraud appelle le « continuum féminicidaire » : les violences faites aux femmes s’étendent de la naissance à la mort, sous des formes multiples et quotidiennes. Le féminicide n’en est que l’aboutissement, le sommet visible d’un système patriarcal qui légitime la violence masculine.  

Photo de Rita Segato. 

Photo de UNAM, 2025, Gaceta UNAM. https://www.gaceta.unam.mx/de-ensayista-a-poeta-estoy-saliendo-del-closet-rita-segato/

Photo de Christelle Tarraud. 

[Photographie]. (s.d.). Le soir. https://www.lesoir.be/497580/article/2023-02-27/christelle-taraud-historienne-ce-sont-les-femmes-qui-ont-connu-les-premieres

Le féminicide comme crime d’État 

Si ces violences sont systémiques et structurelles, c’est qu’elles trouvent une forme de légitimation implicite dans les structures mêmes du pouvoir. Le patriarcat, système de domination du masculin sur le féminin, constitue l’ossature de nos sociétés.  

C’est dans ce cadre que s’inscrit le concept de nécropolitique, élaboré par Achille Mbembe. Cette « politique de la mort » désigne la responsabilité des gouvernements dans la survie ou la disparition de certains groupes sociaux. Le féminicide en est une expression : la tolérance de l’impunité, le silence institutionnel et l’inaction politique perpétuent la mort sociale et physique des femmes.  

La manière dont les femmes tuées de Ciudad Juárez ont été traités — avant, pendant et après leur mort — illustre non seulement la haine du féminin profondément enracinée, mais aussi l’inaction et la complicité implicite des institutions locales, soulignant comment le féminicide devient un symptôme de la nécropolitique et du pouvoir patriarcal au sein de la société.  

Photo de Achille Mbembe. 

[Photographie]. (s.d.). University of the Witwatersrand. https://www.universityworldnews.com/post.php?story=20240314045848185

L'importance de nommer le féminicide 

En Suisse, le terme féminicide n’est toujours pas reconnu dans le droit pénal. Les meurtres de femmes restent classés comme homicides « ordinaires », ce qui invisibilise leur dimension sexiste et systémique

Pourtant, reconnaître ce terme dans la loi permettrait de mettre en lumière la spécificité de ces crimes : ils ne sont pas des faits isolés, mais bien le résultat d’un système de domination patriarcale

De plus, l’inscrire dans le cadre légal le rendrait identifiable, renforcerait sa visibilité et nourrirait un débat public mieux informé. 

En définitive, une telle reconnaissance constituerait un acte symbolique et politique fort, ouvrant la voie à des politiques publiques plus adaptées pour prévenir et combattre les violences faites aux femmes. 

Numéros d'urgence

En cas de violences, tu n’es pas seule. 

En cas d’agression sexuelle, préserve les preuves : ne pas se laver, garder les vêtements. 

Numéros d'urgences

  • Police / danger imminent : 117 
  • Ambulances / urgences médicales : 144 

Vaud (VD) – contacts principaux 

  • La Main Tendue (violences sexuelles et domestiques) : 143 
  • Enfants et adolescent·e·s en détresse : 147 
  • Centre LAVI, Lausanne : 021 631 03 00 
  • Centre Social Protestant (CSP) : 021 560 60 60 
  • Rainbow Spot (LGBTQIA+) : 076 549 80 91 

Genève (GE) – contacts principaux

  • Centre d’aide aux victimes LAVI : 022 320 01 02 
  • Viol-Secours : 022 345 20 20, viol-secours.ch 
  • Ligne d’écoute pour violences domestiques : 0840 110 110 
  • Consultation enfants et jeunes : 147 
  • Association 360° (service juridique LGBTIQ+) : 022 741 00 70

Références

2 décembre 2025Aucun commentaire

Pourquoi la médiation n’est pas une solution adaptée en cas de harcèlement sexuel au travail 

Le harcèlement sexuel est une forme de violence qui porte atteinte à l’intégrité d’une personne. En Suisse, malgré un cadre légal clair, certaines entreprises continuent de proposer la médiation en réponse à des signalements de harcèlement sexuel. Cette approche est non seulement inappropriée, mais aussi risquée. Dans cet article, nous expliquons pourquoi la médiation ne devrait jamais remplacer une enquête, des sanctions et des mesures de protection. Nous illustrons ces enjeux à travers un cas concret récemment soutenu par Surgir. 

Harcèlement sexuel au travail en Suisse : un phénomène préoccupant 

D'après une enquête du SECO (2022 et 2024) :  

  • 1 femme sur 5 a déjà été victime de harcèlement sexuel au travail. 
  • 70 % des victimes ne signalent pas les incidents. 
  • Dans 60 % des cas, l'auteur est un collègue ou un supérieur. Dans la grande majorité des cas, l’agresseur est un homme.  
  • 30 % des victimes ayant signalé les faits subissent des représailles. 

Pour les victimes, le harcèlement sexuel n’est jamais un malentendu : c’est une violence aux conséquences durables. Le harcèlement ne constitue pas un conflit entre collègues mais des violences ancrées dans des rapports de pouvoir.  

Un cadre légal clair en Suisse 

La Loi sur l’égalité définit le harcèlement sexuel comme tout comportement à caractère sexuel ou fondé sur l’appartenance de genre qui n’est pas souhaité par une personne et qui porte atteinte à sa dignité. Le harcèlement couvre le harcèlement sexiste ainsi que le harcèlement fondé sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’expression de genre. 

Un des éléments déterminants est le ressenti de la personne qui en est la cible et non pas l’intention de celle qui l’exerce. Un seul agissement suffit, la récurrence n'est pas nécessaire pour qu'il soit qualifié. 

Les comportements qualifiés de harcèlement sexuel incluent entre autres :  

  • Des propos sexualisés 
  • Des remarques obscènes 
  • Des gestes déplacés 
  • L'envoi ou le visionnage imposé de contenus pornographiques 
  • Des sollicitations sexuelles non désirées 

Les entreprises ont l'obligation légale de protéger leur personnel et de prendre des mesures immédiates et efficaces en cas de signalement.  

La médiation ne peut ni remplacer ni retarder ces obligations. 

Pourquoi la médiation pose problème en cas de harcèlement sexuel ?

Il ne s'agit pas d'un conflit, mais d'une infraction.  
Le harcèlement sexuel peut constituer une infraction pénale (art. 198 CP). La médiation intervient lors d’un différend entre égaux, ce qui n'est pas le cas ici.  

La médiation suppose une égalité qui n'existe pas.  
Les cas de harcèlement sexuel s'inscrivent dans des rapports de domination, où la victime est souvent fragilisée, isolée, et craint des représailles. 

La médiation envoie un message dangereux.  
Des phrases comme « trouver un compromis » ou « tourner la page » minimisent la gravité des faits et mettent une pression supplémentaire sur la victime. La médiation envoie le message aux victimes qu’elles sont autant responsables que les auteurs des violences qui leur sont infligées.  

L'entreprise recherche souvent un apaisement, alors qu'elle devrait se concentrer sur la vérité, la sécurité et la justice.  

Un exemple concret soutenu par Surgir 

Surgir accompagne actuellement une collaboratrice d'une grande entreprise à prédominance masculine. Pendant plusieurs années, elle a subi :  

  • Remarques sexualisées quotidiennes 
  • Commentaires sur son corps 
  • Propos humiliants 
  • Visionnage de vidéos pornographiques en sa présence 
  • Sollicitations sexuelles insistantes 

Après avoir signalé les faits à ses supérieurs, aucune action n'a été entreprise. Une autre femme a également dénoncé des faits de harcèlement sexuels impliquant les mêmes personnes. L’une après l’autre, elles ont contacté les RH, qui ont proposé une médiation. 

 L'objectif annoncé ? « Qu'ils et elles puissent se serrer la main et passer à autre chose. » 

 
Lorsque les personnes victimes ont exprimé leur refus légitime, le médiateur contracté par l’entreprise, a tenté de convaincre l'une d'elles en disant : « Ce n’est pas du harcèlement sexuel puisqu’il n’y a pas eu de contact physique. »  
Cela témoigne d'une grave méconnaissance de la loi suisse et inflige une violence supplémentaire à la victime. En effet, les médiateurs et médiatrices ne sont pas toujours formé·e·s à la gestion des cas de harcèlement sexuel. Ici le médiateur aurait dû avertir l’entreprise que la médiation n’était pas l’outil adapté dans cette situation.   

Finalement, lors d'une séance de "retour de médiation", la direction a demandé à toutes les parties de signer (auteurs présumés et victimes) un engagement identique de « comportement éthique », sans reconnaître les faits ni appliquer de sanctions.  
Ce type de pratique constitue une faille manifeste dans la protection des victimes. 

Ce que les entreprises doivent faire 

Lorsqu'un signalement de harcèlement sexuel est effectué, les entreprises doivent : 

✔ Mener immédiatement une enquête interne indépendante  
✔ Écarter provisoirement l’auteur présumé  
✔ Garantir l’absence de représailles  
✔ Appliquer des mesures disciplinaires appropriées  
✔ Offrir un accompagnement spécialisé à la victime 

La médiation ne doit jamais être utilisée lorsque des faits graves sont allégués, ni lorsque la victime se sent vulnérable ou s’y oppose. 

La position de Surgir 

Surgir recommande fortement aux victimes de harcèlement sexuel de refuser toute proposition de médiation dans ce contexte. Nous rappelons aux employeurs que : la protection des employés ne se délègue pas et que la médiation ne remplace pas leurs obligations légales. 

Notre mission : soutenir, informer, former, protéger — et défendre le droit de chacun·e  à un environnement de travail sûr et digne. 

Besoin d’aide ou de conseils ? 

Surgir accompagne les victimes et les employeurs dans la gestion des violences sexistes et sexuelles au travail, dans un cadre confidentiel et sécurisé.  
Contact : vss@surgir.ch  
www.surgir.ch 

14 août 2025Aucun commentaire

La corecherche : penser et construire ensemble des outils pour repenser les masculinités 

Lorsque l’on a commencé à penser le projet MasculinitéS – Le Kit Eastwood, beaucoup de questions se sont posées. Celles du comment était parmi les plus importantes. Comment est-ce qu’on crée des outils qui ont du sens pour celleux qui les utiliseront ou qui y seront confrontés ? Comment est-ce qu’on évite le piège de sensibiliser sans donner de leçon de morale, sans tomber à côté de la plaque et sans être à des années-lumières de ce que vivent les jeunes et les professionnel·le·s.  

Alors, notre regard s’est tourné vers la corecherche.  

La corecherche, ou recherche collaborative, repose sur un principe simple : le savoir ne vient pas seulement d’en haut (des chercheur·euse·s ou des institutions), il se construit à plusieurs.  

Contrairement au modèle classique de recherche, qui consiste à avoir une personne experte qui analyse et observe depuis l’extérieur pour ensuite générer des données et des savoirs, la corecherche est un processus horizontal, où les personnes concernées sont acteurs et actrices à part entière du processus de création de savoir. Leurs expériences, leurs vécus et leurs idées servent de base au processus, allant du choix de la méthodologie, à l’analyse des données et l’écriture des résultats.  

La corecherche s’inscrit dans les approches féministes du savoir, comme celles défendues par Donna Haraway, qui insiste sur l’importance d’un travail situé, horizontal et réflexif, où les rôles de chercheur·euse et de “sujet” sont repensés. Il ne s’agit plus de parler à la place des personnes, mais de penser avec elles

Dans notre cas, ça veut dire que les professionnel·le·s de terrain, mais aussi les jeunes eux-mêmes, participent à la réflexion, aux tests, aux ajustements des outils du kit. Leur parole est prise au sérieux, intégrée, mise au cœur du processus. 

Notre projet vise à questionner les normes masculines et à prévenir les violences genrées à travers un travail éducatif. Il nous a semblé approprié de nous observer nous et nos propres pratiques, avant de porter un regard ailleurs. Nous avons réalisé qu’il n’était pas possible de prétendre réfléchir et changer les normes établies en utilisant des méthodes de travail qui reproduisent des logiques de pouvoir classiques.  

Donner une place active dans la création du Kit Eastwood aux jeunes et aux professionnel·le·s, en les écoutant, en testant les outils avec eux, en intégrant leurs retours, leurs intuitions, leurs critiques, c’est une façon d’éviter d’imposer un regard extérieur qui peut parfois, en plus d’être faussé, reproduire des violences.  

En collaborant avec des associations partenaires comme PROFA et Le Deuxième Observatoire, des éducateur·trice·s engagé·e·s sur le terrain et des jeunes, et particulièrement des jeunes hommes ou des personnes socialisées comme des hommes, nous cherchons à pouvoir identifier les vrais besoins, les contextes spécifiques d’intervention, et les freins rencontrés dans l’accompagnement des jeunes. 

Ce travail de cocréation nous permet d’avoir des outils : 

  • Flexibles, pour s’adapter à différents publics (écoles, foyers, groupes informels) ; 
  • Ancrés dans le quotidien, donc directement utilisables ; 
  • Pertinents émotionnellement, car nourris de situations concrètes vécues par les jeunes et les professionnel·le·s. 

Faire de la corecherche, ce n’est pas seulement une méthode : c’est un engagement éthique et politique. C’est reconnaître que le savoir est pluriel, que les réponses aux violences ne viendront pas d’en haut mais des pratiques collectives, et que le rôle de la recherche, c’est aussi de créer des espaces de dialogue et de co-construction. 

Cela signifie aussi accepter l’incertitude, les tensions, les désaccords. Parce que penser ensemble, c’est aussi se confronter à des points de vue différents — et c’est précisément ce qui rend le processus si riche. 

Avec Le Kit Eastwood, nous ne proposons pas une vérité sur les masculinités, mais un espace d’exploration, un outil à plusieurs voix, pensé avec et pour celles et ceux qui accompagnent les jeunes au quotidien. Car c’est bien ensemble, dans le frottement des idées, des pratiques et des vécus, que l’on peut faire émerger des formes de masculinités alternatives, inclusives, non-violentes. 

C’est ça, la force de la corecherche : elle ne transforme pas seulement les outils qu’on crée — elle transforme notre manière de faire société. 

Si tu es une personne intéressée, ou simplement curieuse, par les questions de masculinités et que tu souhaites nous aider, tu peux remplir ce questionnaire : questionnaire_masculinités  Tu peux aussi participer à nos ateliers d’exploration des masculinités et d’amélioration de nos outils (laisse ton contact à la fin du questionnaire et on t’écrira pour toutes les infos). 

Si tu es une personne qui travaille au contact d’un public jeune et qui a une expérience de sensibilisation, peu importe sur quel sujet, tu peux remplir ce questionnaire : questionnaire pros et si tu le souhaites tu peux aussi laisser ton contact à la fin, pour un entretien plus approfondi sur les questions de genre ou d’outils de sensibilisation.  

Si tu n’es pas pro et pas forcément très concerné·e par le sujet, tu peux aussi nous aider en diffusant l’info autour de toi. Plus on aura de participant·e·s, plus la corecherche aura de la valeur. 

Merci pour ton aide, ton temps et à bientôt pour de nouvelles aventures 😊 

Gervais, M., Weber, S., & Caron, C. (2018). Guide pour faire de la recherche féministe participative 
Un manuel pratique qui explore les principes et les méthodes de la recherche féministe participative, mettant l'accent sur la co-construction des savoirs avec les participantes.  
Lire le guide​ 

Caron, C. (2022). Coconstruction en recherche partenariale 
Cet ouvrage examine le processus de coconstruction dans la recherche collaborative en éducation, en soulignant les enjeux de pouvoir et de reconnaissance des savoirs. 
Lire le PDF​ 

Collectif. (2022). Recherche collaborative et approches féministes : apports et tensions 
Un article qui propose un modèle théorique pour réfléchir aux enjeux entourant les démarches de recherche collaborative féministe, notamment avec les femmes immigrantes. 
Lire l'article​ 

Collectif Sciences Citoyennes (2022). La recherche participative comme mode de production de savoirs 
Ce document explore les fondements et les enjeux politiques de la recherche participative, en la situant comme une alternative citoyenne aux modèles académiques classiques. Il interroge la légitimité des savoirs produits avec les acteurs de terrain, notamment dans une perspective de justice sociale. 
  Lire le PDF 

Earp, F. (2024). Does participatory action research need to be feminist? 
Une réflexion sur la manière dont les théories féministes influencent les méthodologies de recherche participative et les relations de pouvoir entre chercheurs et participants Lire l'article​ 

Fabriques de sociologie – En corecherche 
Un espace de recherche en sciences sociales qui associe des acteurs d'horizons différents pour expérimenter des formes de recherche collaborative. Découvrir le site 

Feminist Participatory Action Research (FPAR) Academy 
Une plateforme d'apprentissage en ligne dédiée à la recherche-action participative féministe, offrant des ressources et des formations pour les activistes et chercheurs. 
Visiter le site​ 

Haraway, D. (1988). Situated Knowledges: The Science Question in Feminism and the Privilege of Partial Perspective 
Feminist Studies, Vol. 14, No. 3 
Un texte fondamental où Haraway développe la notion de savoirs situés, en opposition à la prétention d'objectivité "vue de nulle part" de la science classique. 

Journal of Participatory Research Methods (JPRM) 
Une revue académique en libre accès qui se concentre sur les méthodes, techniques et processus de la recherche participative. 
Consulter la revue​ 

Renaud, L. (2020). Modélisation du processus de la recherche participative 
Cet article propose une modélisation des différentes formes de recherche participative (recherche-action, recherche intervention et recherche partenariale), en mettant en lumière leurs spécificités respectives. L'auteure examine le rôle du chercheur, les dynamiques de participation des acteurs de terrain, ainsi que les implications organisationnelles et politiques de ces approches. 

 Lire l'article 

Watson, V. W. M., & Marciano, J. E. (2015). Examining a social-participatory youth co-researcher methodology 
Une analyse de la méthodologie de recherche participative avec des jeunes en tant que co-chercheurs, mettant en lumière les possibilités d'alphabétisation et de recherche. Lire l'article​ 

13 août 2025Aucun commentaire

MasculinitéS : retour sur la naissance d’un programme engagé

Le 9 et 10 mars 2024, l’équipe de Surgir a participé au PeaceTech Hackathon hébergé par l’EPFL. L’événement de 48h, ouvert à toutes et tous, visait à faire dialoguer différents domaines afin d’adresser le thème de l’escalade de la violence.

Surgir s’est rendu à cet événement avec l’intention de dépasser l’obstacle des valeurs culturelles traditionnellement associées à la masculinité pour parvenir à une société plus égalitaire et plus durable. Bien qu’ayant conscience que de nombreux projets de “nouvelles masculinités” avaient déjà émergé, force était de constater que ceux-ci étaient de portée limitée. Notre équipe était convaincue que l'environnement culturel et technologique actuel pouvait offrir de nouvelles opportunités pour que de tels projets prennent racine et portent leurs fruits.

Cet événement ayant été organisé par le laboratoire PeaceTech de l’EPFL, la création de dispositif technologiques devait figurer au centre des discussions. La question soumise aux participant·e·s du challenge proposé par Surgir était :

"what social or technological devices can fuel the rise of new models of masculinity facilitating gender equality ?"

L'objectif était alors d'envisager des pistes concrètes visant à remettre en question les normes hégémoniques de la masculinité et à favoriser, à grande échelle et de manière durable, l'expression d'alternatives libérées de ces normes.

Le projet MasculinitéS découle ainsi de la participation à ce Hackathon. Nous remercions infiniment les participant·e·s du hackathon d’avoir dédié 48h à la mise en place d’un projet concret de prévention des violences de genre.  

Le projet MasculinitéS a pour objectif général de mettre en lumière les codes de la masculinité et de les déconstruire avec les personnes concernées, afin de participer à la construction de formes de masculinités qui ne reposent pas sur des codes mobilisant la violence. 

Pour atteindre cet objectif, Surgir a élaboré une stratégie détaillée sur la page internet dédiée au programme MasculinitéS.

Notre approche s’inscrit dans une démarche de prévention des violences de genre. Traditionnellement, les interventions se sont focalisées sur les personnes vulnérables, négligeant les mécanismes sous-jacents, notamment les formes de masculinités violentes qui en sont souvent à l’origine. Ce programme souhaite donc proposer une approche innovante en mettant en évidence que les masculinités sont des constructions sociales modulables, influencées par des facteurs comme la culture, la classe et la race. L’hypothèse, soutenue par la littérature scientifique, serait qu’en modifiant les codes de masculinité violents pour promouvoir des modèles plus égalitaires et non violents, il serait possible de réduire les violences de genre. Considérer les formes de masculinités violentes et leurs impacts permettrait, en plus de prévenir directement les violences à l’encontre des minorités de genre, de comprendre la façon dont les hommes sont aussi des victimes de codes violents de certaines formes de masculinités.  Parler de la construction des masculinités serait un moyen de faire émerger toutes les positions que peuvent occuper les hommes en lien avec la violence de genre, comme la position de victime, mais aussi celle d’homme allié.

Pendant longtemps, la notion de masculinité n’a pas, ou très peu, été considérée comme un processus de construction de genre. Ce qui a fait que les hommes ont souvent été vus comme des sujets universels et neutres (Zinn 2013). Ce biais de la littérature scientifique a influencé les pratiques de terrain liées au thématique du genre. C’est pour cette raison que la majorité des programmes qui luttent contre les violences de genre se concentrent sur les personnes victimes ou les victimes potentielles. Il n’existe que très peu d’approches de terrain qui tournent leur regard vers les mécanismes à l’origine de ces violences. La prévention est trop souvent un discours qui met en avant les risques encourus par les personnes vulnérables. Ce qui fait qu’elle s’adresse d'abord aux personnes issues des minorités de genre. Quelques associations s’intéressent aux auteurs des violences. Néanmoins, elles interviennent uniquement auprès de personnes condamnées par la justice ; c’est-à-dire une fois que les violences ont déjà été commises. Très peu de programmes entreprennent une démarche de lutte contre les violences de genre avant qu’elles aient lieux en s’attaquant à leurs sources. Avec ce programme, Surgir souhaite se positionner en tant qu’un des premiers acteurs de terrain à considérer les masculinités et les hommes comme des êtres sexués dont les pratiques et comportements s’inscrivent dans une construction sociale qu’il est possible de modifier.  

Prendre comme point de départ les masculinités comme approche théorique et pratique dans la création de ce kit de sensibilisation est une façon de remédier aux lacunes des approches déjà existantes. Il est vrai que faire le lien entre certaines formes de masculinités et les raisons de l’existence des violences de genre est un exercice qui rencontre beaucoup de résistance. Pourtant la littérature scientifique a prouvé l’existence cette relation de cause à effet de nombreuses fois (Peytavin 2021, Malonda et al. 2023). La conclusion est qu’un changement des codes de masculinité violents vers des codes non-violents entraîneraient directement une diminution des cas de violences de genre (Peytavin 2021, Malonda et al. 2023).  En effet, les statistiques montrent que la grande majorité des crimes violents sont commis par des hommes (Peytavin 2021, Giauque et al 2023).  Cette approche ne présuppose pas qu’il est dans la nature des hommes d’être violent. Au contraire parler des masculinités, c’est considérer que celles-ci s’inscrivent dans des mécanismes de construction sociale et que les processus qui amènent à des codes violents peuvent être modifiés pour aller vers la non-violence.   

Considérer les formes de masculinités violentes et leurs impacts permettrait, en plus de prévenir directement les violences à l’encontre des minorités de genre, de comprendre la façon dont les hommes sont aussi des victimes de codes violents de certaines formes de masculinités.  Parler de la construction des masculinités permet donc de faire émerger toutes les positions que peuvent occuper les hommes en lien avec la violence de genre, comme la position de victime, mais aussi celle d’homme allié (Peretz et Vidmar 2021). Cela est une façon de valoriser les formes de masculinités qui apportent des choses positives à la société en mettant en avant des codes alternatifs à la violence. En bref, parler des masculinités dans toutes leurs complexités est un moyen de considérer les hommes sous toutes leurs facettes et d'éviter de les enfermer dans une représentation homogène de la masculinité.  

Notre définition des masculinités se base sur les travaux de chercheurs et chercheuses expert·e·s de cette question, comme Michael Kimmel, Isabelle Zinn ou encore R.W. Connel.  Les masculinités sont un ensemble de comportements, de pratiques, de traits sociaux, de valeurs, de façons de penser que l’on assigne à des individus qui sont perçus comme des hommes dans l’espace social. Il s’agit de tout ce que les “hommes” sont supposés être, par opposition à tout ce qu’ils ne sont pas supposés être. Ces suppositions amènent à la construction sociale des masculinités qui sont toujours dépendantes du contexte social, culturel et historique du groupe social que constituent “les hommes”. Ainsi, le concept est toujours utilisé au pluriel afin de rendre compte de l’existence de multiples formes de masculinités. Comme toutes les autres identités de genre, les masculinités ne sont pas une identité acquise et fixe, mais fluide. Pour parler de la multiplicité des masculinités, il est nécessaire de considérer les “rapports de pouvoir au sein du groupe des hommes, et donc aux processus de hiérarchisation qui ont lieu entre les individus de même sexe” (Zinn, 2013). Pour cela, l’intersectionnalité est un outil essentiel, puisqu’il permet de regarder comment la classe, la race, l’âge ou d’autres facteurs influencent sur la construction des masculinités et sur les hiérarchisations de celles-ci.  

Connel R. W. (2005). Masculinities. University of California Press: Berkeley. Deuxième édition.  

Giauque Fabien, Simeunovic Dijana, Vota Léane. (2023). “Le coût de la virilité en Suisse”. Rethinking Economics Lausanne.  

Kimmel Michael S., Hearn Jeff, Connell R.W. (2005) Handbook of studies on men and masculinities. Sage Publications, Inc : Californie 

Malonda, E., Llorca, A., Zarco, A., Samper, P., Mestre, M.V. (2023). “Linking Traditional Masculinity, Aggression, and Violence”. In: Martin, C., Preedy, V.R., Patel, V.B. (eds) Handbook of Anger, Aggression, and Violence. Springer, Cham. https://doi.org/10.1007/978-3-030-98711-4_35-1 

Peretz, T., & Vidmar, C. M. (2021). “Men, masculinities, and gender‐based violence: The broadening scope of recent research”. Sociology Compass, 15(3). doi:10.1111/soc4.12861   

Peytavin Lucile. (2021) Les coûts de la virilité : Ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes. Editions Anne Carrière : Paris.  

Zinn Isabelle. (2013). “Les Hommes : nouvel objet de recherche”. REISO.org revue d’information sociale. 

13 août 2025Aucun commentaire

Retour sur l’atelier Dessin sans frontières du 14 juin : quand les plus petit·e·s peuvent rêver grand 

Le 14 juin, date symbolique de la lutte pour l’égalité des genres en Suisse, Surgir a organisé un atelier destiné aux enfants et adolescent·e·s, avec pour objectif de repousser les limites imposées par les stéréotypes de genre. Notre proposition était d’offrir, à travers le dessin, un espace pour rêver en toute liberté. 

Pendant plus de trois heures, entouré·e·s des stands de la Grève féministe et de personnes désireuses de penser un monde égalitaire pour tou·te·s, Surgir a déployé tables, tapis, coussins, feuilles blanches, stylos et bandes dessinées. Dans un espace destiné aux enfants, ou à celles et ceux qui l’ont été un jour, nous avons accueilli une vingtaine d’esprits créatif·ve·s prêt·e·s à dessiner, et un nombre incalculable de curieux ·euse·s venu·e·s observer, écouter ou simplement se blottir avec une BD. De la plus jeune imagination à la plus sage, notre stand est devenu un lieu de rencontre entre super-personnages défiant tous les stéréotypes imposés.

Accompagné·e·s de l’illustratrice Catherine Nachbar, les petit·e·s dessinateur·ice·s se sont lancé·e·s dans les défis que nous leur avions proposés. D’abord, il s’agissait de travailler en équipe pour faire émerger un personnage et décider collectivement de qui iel était, de ce qu’iel faisait dans la vie et, bien évidemment, de son genre. Cet exercice a permis de s’apprivoiser et d’introduire une discussion autour de ce qu’est le genre et de ce que sont les stéréotypes. 

Pourquoi est-il si facile et attrayant de les utiliser, de les mobiliser et de les dessiner, alors même que la réalité est cent fois plus riche que ce que les normes nous imposent ? 
Pourquoi dire que c’est un garçon ? Parce qu’iel a les cheveux courts ? 
Alors ça veut dire que tous les garçons ont les cheveux courts et toutes les filles les cheveux longs ? 
Non, mon grand frère a les cheveux longs et ma mère les cheveux courts. 

Mais alors, comment sait-on qui est quoi ? Est-ce important de toujours classer les gens selon ces deux catégories ? Et si iels ne sont pas d’accord avec la façon dont on les range dans une case, que se passe-t-il ? Avec nos deux animatrices expertes sur les questions de genre, les enfants se sont penché·e·s sur ces interrogations et ont cherché à comprendre comment se détacher des stéréotypes. Puis, retour au dessin. 

À ce moment-là, les participant·e·s avaient deux options pour remettre en question les stéréotypes de genre, simplement mais concrètement : 

  1. Créer une super-personne — un être incroyable, parfois fort·e, parfois vulnérable, parfois seul·e, parfois accompagné·e, mais toujours exempt de stéréotypes de genre. 
  1. Imaginer une très courte bande dessinée autour d’un stéréotype de genre — pour l’illustrer, le dénoncer, en rire ou en témoigner. 

Elisab, Syloa, Electroman, Anti-Pollu Girl… Nous avons eu la chance de voir émerger des dizaines de super-personnages, certain·e·s prêt·e·s à sauver le monde en chassant la pollution, d’autres capables de voler très bas et très doucement pour observer les papillons sans les effrayer. Avec un peu d’encouragement, les plus jeunes se sont facilement laissé·e·s emporter par leur imagination, laissant derrière elleux les contraintes des normes. Pour les plus âgé·e·s, la tâche fut plus complexe : il n’est pas facile de se débarrasser d’injonctions, même quand on sait qu’elles existent. 

Avec celles et ceux qui le souhaitaient, nous avons pris le temps de discuter encore. Catherine nous a aidé·e·s à comprendre que le dessin n’est un espace de liberté que si l’on abandonne l’idée qu’il existe des dessins “beaux” et d’autres “moches”, ou qu’il faut absolument être Frida Kahlo ou Niki de Saint Phalle pour pouvoir dessiner. L’important, c’est le message et sa transmission ; tout le reste est subjectif. Réussir à poser sur le papier ce que l’on veut dire sans utiliser les mots est un exercice délicat. Dans ces moments, c’est la beauté du geste qui compte plus que celle de l’œuvre elle-même. Se faire comprendre sans langage écrit, sans mobiliser de symboles surutilisés — souvent porteurs de stéréotypes — est d’autant plus difficile quand on n’a pas la souplesse d’esprit des plus jeunes. Il faut donc du courage pour se lancer… et accepter d’échouer. 

À côté de ces échanges, celles et ceux qui le souhaitaient ont pu s’installer pour découvrir une BD de notre bibliothèque. Tous les ouvrages présents ce jour-là avaient été soigneusement sélectionnés par notre équipe et par Céline, fondatrice de la librairie L’Inopinée à Lausanne. Ensemble, nous avions rassemblé de petites merveilles qui défient, par les histoires qu’elles racontent et les dessins qu’elles présentent, les stéréotypes de genre. Certain·e·s étaient destinés aux tout-petit·e·s et d’autres aux plus grand·e·s. 

Que ce soit au travers d’un exercice collectif de pensée et de dessin, ou bien lors d’un moment individuel de lecture ou de création, la cinquantaine de personnes présentes à l’atelier a pu se questionner sur les stéréotypes de genre. Pour les plus jeunes, c’était aussi l’occasion de mieux comprendre la journée du 14 juin et sa signification. Pour les plus âgé·e·s, ce fut un moment d’apprentissage intergénérationnel, où l’adulte perd son rôle de “celui qui sait” pour devenir “celui qui apprend”. 

Merci à tou·te·s les participant·e·s d’avoir dessiné, partagé et échangé avec nous autour des questions de stéréotypes de genre. Merci à la librairie L’Inopinée, et particulièrement à Céline, de nous avoir guidé·e·s vers des ouvrages pertinents et inspirants. Merci à Catherine Nachbar d’avoir mis à disposition son expérience d’illustratrice au service de l’atelier. Enfin, nous remercions chaleureusement le Bureau de l’égalité de la Ville de Lausanne pour sa participation au financement de ce projet. 

On espère vous croiser au coin d’une rue, sur l’un de nos stands ou sur nos réseaux sociaux, pour un échange sur le genre, les masculinités et tous nos sujets préférés. 

13 mai 2025Aucun commentaire

Prévention des violences sexistes et sexuelles en milieu associatif

SURGIR organise une formation sur la prévention des violences sexistes et sexuelles en milieu associatif.


Cette formation interactive s’articule autour de trois axes principaux : Comprendre, Analyser et Agir.

À travers des présentations dynamiques, des analyses de risques en groupe et des simulations d’auditions, les participant·e·s seront amené·e·s à :

  • Identifier et comprendre les violences sexistes et sexuelles
  • Connaître le cadre juridique et les obligations des structures associatives
  • Analyser les vulnérabilités et les facteurs de risque au sein de leur organisation
  • Définir les niveaux d’intervention possibles en s’appuyant sur les outils présentés
  • Réagir à un signalement et conduire une enquête interne

À l’issue de la formation, un glossaire ainsi que des outils concrets à mettre en œuvre dans votre structure seront remis à chaque participant·e.

Formation gratuite, le 13 juin à Lausanne de 9h à 17h.

Pour s'inscrire, merci de remplir le questionnaire : https://forms.cloud.microsoft/e/TR2j5uBr9Gles

8 mai 2025Aucun commentaire

Surgir participera à la 2e Grande Rencontre des Parentalités Queers Féministes et Complices

Dates : 10 et 11 mai
Lieu : Centre socioculturel Pôle Sud, dans la salle Béring
Horaire : Samedi atelier à 16h30-17h30 et dimanche atelier à 11h30-12h30

Les 10 et 11 mai, Surgir aura le plaisir de participer à la 2e grande rencontre des Parentalités Queers, Féministes et Complices, dans le cadre de son programme MasculinitéS - avec l'atelier "La fabrique des p’tits mecs".

Durant toute la durée de l’événement, un stand permanent sera installé avec des petits quiz autour des questions de masculinité et de famille. En libre accès, il permettra à chacun·e de s’interroger, d’échanger à son rythme et de s’amuser tout en réfléchissant collectivement à ces enjeux.

En parallèle, nous animerons l’atelier La fabrique des p’tits mecs, qui se tiendra le samedi de 16h30 à 17h30 et le dimanche de 11h30 à 12h30. 

Cet atelier propose d’ouvrir une réflexion sur les mécanismes précoces de construction des masculinités. Dès les premières années de vie, les stéréotypes de genre s’immiscent dans l’éducation : le bleu pour les garçons, l’injonction à être fort, à ne pas pleurer… Même lorsqu’on souhaite faire autrement, ces normes persistent souvent sans qu’on s’en rende compte. À travers des activités participatives, des échanges et des partages d’expériences, nous questionnerons ensemble ce que nous transmettons aux enfants sur les masculinités, comment les modèles masculins se forment et ce que nous pouvons mettre en place pour leur offrir des représentations plus larges, plus libres, plus justes. 

L’atelier s’adresse aux parents, aux futurs parents, aux éducateurs et éducateurices, aux allié·e·s· ainsi qu’à toute personne curieuse de mieux comprendre la manière dont les rôles de genre se transmettent. Nous chercherons ensemble à comprendre comment les normes de genre s’installent dès l’enfance, à identifier ce qui les renforce ou les transforme, et à partager des pistes concrètes ainsi que des outils pour accompagner des masculinités plus libres et émancipatrices. 

Fondation SURGIR 

Avenue Louis-Ruchonnet 3,
1003 Lausanne Suisse

Téléphone : +41 21 311 27 31

IBAN CH4100767000S50103321

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