Programme en Jordanie

Nos actions

En Jordanie, les traditions communautaires et les interprétations religieuses fondent l’autorité de l’homme sur la femme pour, en réalité, garder le contrôle sur leurs corps et sur leurs comportements, sur lesquels reposent l’honneur de la famille. Garder le contrôle sur la femme signifie lui refuser l’exercice de ses droits parfois les plus élémentaires, et adopter à leur encontre des pratiques jugées discriminantes en Europe mais très habituelles en Jordanie.

Pour ne citer que quelques unes de ces pratiques :

  • De nombreuses familles privilégient les enfants de sexe masculin, ce qui se traduit par la maltraitance de leurs filles et l’usage de la violence à leur encontre (verbale, psychologique et physique).
  • Les familles estiment qu’il n’est pas nécessaire d’éduquer les filles car leur avenir se limite au mariage et à la maternité. Il est donc considéré comme rentable d’investir dans l’éducation des garçons, plutôt que dans celle des filles.
  • Dans ce cas, les filles quittent l’école à l’adolescence, même si leurs résultats scolaires sont bons. Elles restent confinées à la maison le temps que leur père leur choisisse un mari, qu’elles épouseront, même si l’âge légal du mariage est de 18 ans en Jordanie, grâce à une dérogation que leur père obtiendra sans difficulté auprès du Scheik.
  • Une fille peut également être retirée de l’école pour l’empêcher de communiquer avec la société extérieure ou par crainte qu’elle ne soit abordée par des inconnus sur le chemin de l’école.
  • Une fille peut être désignée par l’ensemble des membres de la famille pour être celle qui s’occupera des personnes âgées, des enfants ou des personnes handicapées de la famille. Cela contribue à réduire les dépenses financières de la famille et la soulage de la nécessité de faire venir quelqu’un pour effectuer ces tâches. Mais cela cimente la dépendance totale de la fille vis à vis de son père et de sa famille, et l’impossibilité pour elle de devenir un jour autonome.
  • Les filles maintenues à la maison ne développent pas d’aptitude à la socialisation, ce qui accentue irrémédiablement leur décalage vis à vis de la société extérieure, et l’impossibilité pour elles de devenir un jour autonome.

Le programme

Le programme vise à sensibiliser la communauté jordanienne aux pratiques discriminatoires à l’égard des femmes et des filles, qui les exposent aux crimes d’honneur. L’objectif est de réduire ces pratiques grâce aux efforts combinés d’un réseau de 12 organisations partenaires dans les gouvernorats jordaniens, soutenus par une campagne de sensibilisation des médias ciblant la société civile et les dirigeants communautaires.

Nos activités

1) Constitution d’un réseau de 12 organisations partenaires dans 3 gouvernorats de Jordanie,

2) Formation en renforcement de capacités des 12 partenaires (TOT),

3) Campagne médiatique de sensibilisation dans 3 régions de Jordanie,

4) Sessions de sensibilisation auprès de la société civile (adultes, étudiants),

5) Plaidoyer auprès d’élus et décideurs,

6) Accompagnement vers la réinsertion de 20 femmes maintenues en détention administrative.

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La situation en 2020

Malgré une année difficile dans un contexte de pandémie, SIGI a organisé des formations en ligne pour les membres de 12 organisations à travers le pays. Des médiations familiales ont été mises en place pour les femmes enfermées en détention administrative pour avoir été victimes de violences sexuelles ou pour les protéger de crimes commis au nom de l'honneur. Des solutions  sont envisagées avec les femmes et parfois avec leur famille pour leur réhabilitation sociale et économique. Elles suivent des formations professionnelles afin de leur garantir une autonomie financière à leur sortie de détention administrative.

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