Programme en Jordanie

2017-2020

Nos actions

En Jordanie, les traditions communautaires et les interprétations religieuses fondent l’autorité de l’homme sur la femme pour, en réalité, garder le contrôle sur leurs corps et sur leurs comportements, sur lesquels reposent l’honneur de la famille. Garder le contrôle sur la femme signifie lui refuser l’exercice de ses droits parfois les plus élémentaires, et adopter à leur encontre des pratiques discriminantes. Les femmes mineures et majeures, sont touteleur vie, sous la tutelle d'un homme : leur père, leur mari, leur oncle ou leur frère. Elles ne peuvent prendre seules les décisions qui les concernent (mariage, études, emploi, etc.). Par ailleurs, malgré une interdiction prononcée par le parlement jordanien en 2017, les femmes victimes de violence sont placées en détention administrative pour raison de "protection". La sortie ne peut être autorisée que par leur tuteur, qui est parfois l'auteur des violences. Certaines femmes restent des années en détention. Surgir et SIGI travaillent directement dans les centres de détention et avec les familles pour arrêter ces pratiques injustes et discriminatoires.

Pour ne citer que quelques unes de ces pratiques :

  • De nombreuses familles privilégient les enfants de sexe masculin, ce qui se traduit par la maltraitance de leurs filles et l’usage de la violence à leur encontre (verbale, psychologique et physique).
  • Les familles estiment qu’il n’est pas nécessaire d’éduquer les filles car leur avenir se limite au mariage et à la maternité. Il est donc considéré comme rentable d’investir dans l’éducation des garçons, plutôt que dans celle des filles.
  • Dans ce cas, les filles quittent l’école à l’adolescence, même si leurs résultats scolaires sont bons. Elles restent confinées à la maison le temps que leur père leur choisisse un mari, qu’elles épouseront, même si l’âge légal du mariage est de 18 ans en Jordanie, grâce à une dérogation que leur père obtiendra sans difficulté auprès du Scheik.
  • Une fille peut également être retirée de l’école pour l’empêcher de communiquer avec la société extérieure ou par crainte qu’elle ne soit abordée par des inconnus sur le chemin de l’école.
  • Une fille peut être désignée par l’ensemble des membres de la famille pour être celle qui s’occupera des personnes âgées, des enfants ou des personnes handicapées de la famille. Cela contribue à réduire les dépenses financières de la famille et la soulage de la nécessité de faire venir quelqu’un pour effectuer ces tâches. Mais cela cimente la dépendance totale de la fille vis à vis de son père et de sa famille, et l’impossibilité pour elle de devenir un jour autonome.
  • Les filles maintenues à la maison ne développent pas d’aptitude à la socialisation, ce qui accentue irrémédiablement leur décalage vis à vis de la société extérieure, et l’impossibilité pour elles de devenir un jour autonome.

Le programme

Le programme vise à protéger les femmes des détentions administratives pour raisons de protection et sensibiliser la communauté jordanienne aux pratiques discriminatoires à l’égard des femmes et des filles. L’objectif est de réduire ces pratiques grâce aux efforts combinés d’un réseau de 12 organisations partenaires dans les gouvernorats jordaniens, soutenus par une campagne de sensibilisation des médias ciblant la société civile et les dirigeants communautaires. Les femmes en détention administratives recoivent un appui juridique, social et psychologique en vue d'une sortie de détention. Des médiations sont organisées avec les familles de détenues pour autoriser leur sortie de détention.

Nos activités

1) Constitution d’un réseau de 12 organisations partenaires dans 3 gouvernorats de Jordanie,

2) Formation en renforcement de capacités des 12 partenaires (TOT),

3) Campagne médiatique de sensibilisation dans 3 régions de Jordanie,

4) Sessions de sensibilisation auprès de la société civile (adultes, étudiants),

5) Plaidoyer auprès d’élus et décideurs,

6) Accompagnement vers la réinsertion des femmes maintenues en détention administrative.

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